On arrive (enfin) à la fin de l’alphabet de l’art contemporain. Découvrez dès maintenant, les derniers éléments essentiels à sa compréhension !

Q comme Question

« Tout est art ? » Question qui ne cesse d’interpeller le monde de l’art. Question sans réponse exacte mais qui mène inévitablement au débat. En choisissant d’écrire cette interrogation en lettres blanches sur fond noir, l’artiste Ben ne fait pas un choix innocent. Il questionne l’art sur le fond mais aussi sur la forme. L’écriture devient art entre ses doigts et c’est un méta dialogue qui  s’engage. Ben puise dans les retranchements de l’art pour toucher au concept davantage qu’au visuel, l’art conceptuel n’étant alors encore qu’à ses balbutiements. 

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Ben, Est-ce que tout est art?, 2015

R comme Ready made

Et si une roue de bicyclette pouvait se transformer en sculpture ? C’est le crédo de l’artiste Marcel Duchamp avec ses Ready-made, des objets manufacturés, prêts à l’usage. Il suffit d’en détourner la fonction première pour y voir apparaître un sens nouveau. Non, tout un chacun n’aurait pas pu faire de même. Marcel Duchamp révolutionne ici la conception même de l’art et décloisonne notre vision de la création. Ce n’est pas tant le résultat qu’il veut nous faire admirer, mais la réflexion qu’il y a mené, l’acte de penser et de conceptualiser l’art autrement.

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Marcel Duchamp, Roue de byclette, 1913

S comme Surimpression

La surimpression permet à deux images différentes de se rencontrer sur une même surface. Mais à quoi est dû cet effet visuel déroutant ? A l’origine réservé aux appareils photographiques argentiques, cette superposition, aussi appelée la double exposition, réside dans une manipulation technique. Muni d’un réflexe avec pellicule, il suffit de prendre un premier cliché, puis, sans avancer la pellicule, de prendre un second cliché légèrement surexposé afin que les images s’entremêlent. Cette pratique est aujourd’hui largement remise au goût du jour par le numérique et les rééditions des appareils lomographiques.

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Maurice Tabard, Le plongeon, 1948

T comme Teintes

Il y a de quoi voir rouge lorsqu’un artiste décide de s’approprier une couleur. L’Histoire a montré qu’il n’était pas impossible qu’une couleur soit brevetée par un artiste, on pense immédiatement au Bleu Klein, mais il n’en est pas pour autant le seul bénéficiaire. Cette année, le contre-exemple est devenu possible. L’artiste Anish Kapoor s’est offert l’exclusivité du Vantablack, le noir le plus profond et absorbant qui existe actuellement. La communauté artistique s’insurge donc de cette décision et l’artiste Stuart Semple a répondu en élaborant le pigment le plus rose du monde, Pink et l’interdisant à Anish Kapoor uniquement. 

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Le Noir Vantablack posé sur une feuille d’aluminium

U comme Ustensiles

L’artiste Mona Hatoum réalise des sculptures et installations que l’on peut qualifier pour le moins de peu banales. A partir d’ustensiles de cuisine ou de matières organiques, elle va composer des œuvres faisant référence à notre quotidien pointant du doigt l’aliénation dont ce dernier est victime. Cette volonté est particulièrement flagrante dans son œuvre « La grande broyeuse », représentant une râpe à nourriture agrandie de façon menaçante, suggérant combien nos peurs profondes peuvent surgir face à des objets anodins.

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Mona Hatoum, La grande Broyeuse, 1999

V comme Vortex

Lors de la nuit Blanche 2016, Anish Kapoor a offert aux parisiens un spectacle surréaliste. Surgi du ventre de la Seine, un vortex tourbillonnait inlassablement, donnant l’impression aux passants qu’ils pouvaient être aspirés à chaque instant. Une installation spectaculaire qui fait écho à l’œuvre Descension du même artiste, installée en 2015 dans les jardins du Château de Versailles.   

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Anish Kapoor, Vortex, 2016

W comme Wei li

Parmi les jeunes photographes d’aujourd’hui, il en est un qui nous fait particulièrement perdre pied, l’artiste Li Wei. Ses photographies défient la gravité pour nous offrir des prises de vues impressionnantes et dignes de la science fiction. Ces clichés pris en apesanteur sont un appel à l’émancipation et à l’ouverture sur le monde.

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Li Wei, On the surface of the earth, 2004

comme X

Symbole de la censure où plus précisément des contenus à connotation pornographique, car l’art contemporain ne fait pas exception, lui aussi aime l’amour avec un grand X. Artiste polémique et sulfureux, Paul McCarthy a offert à la place Vendôme son plus gros débat artistique, un sapin gonflable géant a priori suggestif. Du doux nom de « Tree », période de Noël obligeant, cette sculpture s’est révélée être pour d’autres l’incarnation d’un plug anal gigantesque. Après des attaques répétées sur l’œuvre et sur l’artiste, le sapin a décampé, laissant la question en suspens.

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Paul McCarthy, Tree, 2014

Y comme Y

La génération Y représente la relève de la création contemporaine. Avec elle, un flot de nouvelles techniques et technologies font leur apparition sur la scène artistique. Réalité augmentée et hologrammes sont les œuvres de demain, certains artistes ayant déjà amorcés la marche comme Dominique Gonzalez-Foerster avec ses personnages numériques projetés dans le monde réel ou encore Larissa Sansour qui nous immerge dans un univers futuriste où la Palestine est conditionnée en un building immense afin de pallier aux conflits sociétaux et militaires.

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Dominique Gonzalez-Foerster, Lola Montez in Berlin (M.2062), film, 3’58 », 2015 © Dominique Gonzalez-Foerster © Adagp, Paris 2015

Z comme Z

Son nom, il le signe à la pointe de l’épée, d’un Z qui veut dire Zorro, à moins que ce ne soit plutôt Maurizio Cattelan ? L’artiste plasticien italien n’en est pas à sa première œuvre désopilante. Il aime à tourner en dérision l’art et ses protagonistes, à commencer par des figures tutélaires comme Picasso ou Fontana. C’est ce dernier qui est visé dans cette œuvre. Reprenant le procédé artistique de Fontana, Maurizio Cattelan entaille la toile, mais au lieu d’y laisser une fente comme le fait l’artiste argentin, il réalise un Z à la manière du héros populaire Zorro.

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Maurizio Cattelan, Zorro, 1993

Retrouvez le reste de l’alphabet ici

Source Artsper

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